Depuis le premier Janvier de cette année, personnes de plus de 65 ans ont fait une chute en Europe, avec parfois de graves conséquences
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Publié le 28 mai 2010
La recherche tient une part importante dans la prévention contre les chutes. A l’ICD (Institut Charles Delaunay), dont les équipes de recherche se trouvent au sein de l’Université Technologique de Troyes. Leur objectif : valoriser les sciences et technologies pour la maîtrise des risques. Afin d’en savoir plus, nous avons rencontré le directeur de l’ICD, le professeur Jacques Duchêne, qui va dorénavant collaborer avec le site protec-chute.
Protec-chute : Comment ICD en est venu à se pencher sur le risque de chute ?
Jacques Duchêne : Au départ je travaillais sur l’électromyographie (l'enregistrement des courants électriques permettant d'étudier le système nerveux périphérique, les muscles et la jonction neuromusculaire), qui est en rapport direct avec la capacité musculaire. Derrière cet aspect, il y a tout ce qui est lié à la marche ou au mouvement. Et comme, par ailleurs, au niveau social, il y avait vraiment une approche des personnes âgées qui commence à émerger, l’idée est venue de lier mes connaissances sur l’électromyographie avec la problématique globale de la chute. Et plus précisément en amont de la chute, en travaillant sur la qualité de l’équilibre
P-C : De quelle manière avez-vous abordé ce problème d’équilibre ?
JD : On a tout d’abord travaillé sur l’électromyographie. Mais il s’est avéré très vite que ce n’était pas très pratique en vue d’un dispositif à usage général, visant à trouver des indicateurs de qualité d’équilibre et des indicateurs de dégradation de cette qualité. On est donc allé vers d’autres choses, avec toujours l’état d’esprit de mettre au domicile des dispositifs qui sont acceptables et qui permettent d’extraire des indicateurs de qualité d’équilibre. Et c’est comme ça que l’on est arrivé au pèse personne et à l’analyse par stabilogramme (analyse graphique de l’équilibre statique).
P-C : Comment est né le pèse personne couplé au stabilogramme ?
JD : Très vite il nous a paru important de travailler sur cet aspect. Pendant une réunion à l’institut de myologie, je me suis dit qu’il serait bien de remplacer les plateformes de force (plateau immobile, de masse importante et sans contact avec son environnement afin de l'isoler de toute vibration extérieure), qui étaient très chère, par quelque chose qui donnerait des informations équivalentes, c'est-à-dire moins performantes sur la qualité de la mesure mais suffisantes pour l’évaluation de la qualité de l’équilibre.
P-C : Comment fonctionne-t-il ?
JD : Le stabilogramme est une partie des informations que l’on va analyser, dont le but est de détecter toutes détériorations de l’équilibre, permettre ainsi d’appréhender la chute. Le principe est de déclencher le pèse personne, de monter, attendre l’affichage du poids, et de redescendre. Ce sont les seules actions que la personne a à faire. Ensuite c’est la technologie qui prend le relais. Deux éléments sont alors analysés. La partie montée, et la partie stabilisée sur le pèse personne. C’est cette dernière qui s’appelle le stabilogramme et qui est exploité comme tel.
P-C : Parallèlement vous avez choisi de collaborer avec le site protec-chute.com, pourquoi ?
JD : Notre intérêt, c’est de collaborer avec l’ensemble de la chaîne, de la communauté scientifique aux usagés, en passant par les industriels, la société de service, etc. Donc tout ce qui nous permet d’amplifier les contacts, avec tous les acteurs du domaine, est une bonne chose. A condition que ce soit bien fait évidement. Le site protec-chute.com se révèle être l’un des outils qui permet cette communication. D’où l’intérêt de notre participation, car nous avons des choses à dire, les autres ont des choses à dire, et ce qui créé des interactions qui me semblent intéressantes.
Conflit d’intérêts :
L’auteur n’a pas transmis de conflit d’intérêts concernant les données diffusées dans cette interview ou publiées dans la référence citée