Depuis le premier Janvier de cette année, personnes de plus de 65 ans ont fait une chute en Europe, avec parfois de graves conséquences
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Diverses applications pratiques ont été développées, avec dans le domaine de la détection des dispositifs qui font appel à ces systèmes en les associant ou non afin de proposer des appareils d'alerte en cas de chute.
- Les boîtiers de ceinture ou les médaillons
Ils font appel aux systèmes de détection directe.les personnes âgées oublient souvent de les porter ou elles peuvent être dans l'incapacité d'actionner un bouton en cas de chute grave.
Au contraire, il peut arriver également qu'il se déclenche de façon intempestive en cas de choc involontaire.
- Les boîtiers de poignet
Ils font appel au système de détection directe. Ils ont l'avantage d'être plus discrets mais présentent les mêmes inconvénients que les systèmes de boîtier ceinture ou médaillon.
- Les boîtiers multifonctions
Ce type de boîtier qui se porte au poignet comme une grosse montre est équipé de capteurs qui vérifient en permanence différentes fonctions vitales telles que le rythme cardiaque ou la pression sanguine. Il est combiné à un système de détection des chutes qui nécessite cependant une activation active.
Les protecteurs de hanche servent de bouclier protecteur autour du col du fémur, partie fragile des os de la hanche, ils agissent comme des amortisseurs pour éviter tout choc à la suite d'un impact sur la hanche lors d'une chute.
Ils se composent le plus souvent de sous-vêtements comportant des poches latérales pour permettre l'insertion de protecteurs semi-rigides.
Les protecteurs de hanche semblent pouvoir grandement réduire le nombre de fractures de hanche chez les personnes âgées frêles selon une première étude finlandaise portant sur plus de 1 800 participants réalisée en 2000.
D'autres études plus récentes menées avec des méthodologies plus fiables apportent cependant des résultats plus mitigés, notamment chez des patients fragiles en maison de retraite : il semble alors que les protecteurs soient peu efficaces.
- L'alarme de verticalité
Ce système de détection directe se déclenche lorsque la personne âgée passe de la position assise à la position debout sans qu'il n'en résulte obligatoirement une chute. Il s'agit dont d'un lien indirect avec les chutes.
Il est Ă privilĂ©gier pour les personnes en fauteuil roulant oĂą passant beaucoup de temps assis car il a tendance Ă favoriser la sĂ©dentarité, entraĂ®nant une perte des rĂ©flexes de marche et un risque accru de chutes.
- La vidéosurveillance
Elle fait appel aux systèmes de dĂ©tection indirecte et est d'un coût d'installation Ă©levé. Comme tout système de vidĂ©osurveillance, elle est très intrusive.
- Les téléphones portables ou sans fil
Ils peuvent faire office de boîtier d'alerte tout en en gardant les mêmes inconvénients : ils nécessitent une activation active et il faut penser à les garder sur soi ou leur accès devient incertain.
Le service de MĂ©decine Physique et de RĂ©adaptation de l'hôpital de Poitiers a crĂ©e une unitĂ© mobile de prĂ©vention de la chute de la personne âgĂ©e. Elle est composĂ©e de mĂ©decins, rééducateurs et gĂ©riatres, et de kinĂ©sithĂ©rapeutes. Son action vise Ă une meilleure connaissance dans le domaine particulier de la chute chez le sujet âgé, et Ă permettre une meilleure intĂ©gration du handicap (prĂ©vention, rééducation et rĂ©adaptation) et un maintien optimal de l'autonomie dans leur lieu de vie.
L'unité pourra intervenir dans un premier temps dans les maisons de retraite. Progressivement seront mises en place des permanences puis des interventions à domicile. Un réseau se constituera entre les médecins de ville, les masseurs-kinésithérapeutes, les infirmières et les assistantes sociales travaillant dans la région avec l'unité mobile.
Le dĂ©pistage des troubles de la posture et de l'équilibre de la personne âgĂ©e reprĂ©sente un enjeu majeur en terme de santĂ© publique. Une stratĂ©gie thĂ©rapeutique simple pourra ĂŞtre mise en place pour corriger les altĂ©rations statiques et dynamiques.
Les conséquences de la chute peuvent entraîner un risque vital pour le sujet âgé et l'action de cette structure visera directement à réduire ce danger majeur qu'il encoure.
L'objectif en est l'analyse de la posture et de l'initiation de la marche chez les personnes âgĂ©es : pouvoir dĂ©terminer des paramètres prĂ©dictifs du risque de chute chez la personne âgĂ©e en situation dans un milieu le plus proche de son environnement de vie habituel.L'évaluation, effectuĂ©e au domicile, comprendra un interrogatoire et un bilan clinique complet. L'équipe utilisera un posturographe mobile qui pourra ĂŞtre installĂ© au domicile du patient afin de faire une estimation dans son lieu de vie habituel, Cet appareil permet une Ă©valuation rapide de l'équilibre et de la posture, yeux ouverts puis fermĂ©s.
Ce bilan rĂ©alisĂ© sur le lieu de vie de la personne constitue un Ă©lĂ©ment original et pragmatique. Cette stratĂ©gie d'évaluation semble pouvoir donner des informations non nĂ©gligeables dans le bilan de chute chez les personnes âgĂ©es, permettant en particulier d'ajuster la stratĂ©gie rééducative ou compensatrice.
Plusieurs projets très prometteurs sont en cours de développement et vous pourrez trouver de nouvelles informations en cas d'avancée scientifique notable.
LES DIFFERENTS MODES DE DETECTION DES CHUTES :LES AXES DE RECHERCHE*
(*source : N. Noury, Laboratoire TIMC-IMAG Université Grenoble I)
A (vitesse d’inclinaison Ă©levĂ©e)
B (impact, chute)
C (après la chute)
Analyse de scénarios (accéléromètres, vidéo, sons...)
Immobilisation prolongées (vidéo, accéléromètres)
Position allongée au sol (accéléromètres, capteurs de sol)
Choc au sol (accéléromètres)
Vitesse verticale (accéléromètres, gyromères)
Détection des modifications des vitesses de déplacement verticale
Ce système de dĂ©tection est basĂ© sur le repĂ©rage de l’accĂ©lĂ©ration rapide de la vitesse verticale qui survient lors de la chute.
En augmentant linĂ©airement avec le temps, la vitesse verticale, qui correspondant Ă une accĂ©lĂ©ration constante de la gravitation, va dĂ©passer le seuil de vitesse du mouvement contrôlĂ© lors de la chute.
L’équipe de Wu de l’UniversitĂ© du Vermont aux USA, a montrĂ© par l’analyse vidĂ©o de patients chutant que les vitesses verticale et horizontale Ă©taient dissimilaires pendant les mouvements contrôlĂ©s mais devenaient quasi-similaires pendant la chute : un bon moyen de la caractĂ©riser par les modifications de ces vitesses. Nait-Charif et Rougier ont eux aussi Ă©tudiĂ© la chute par l’analyse vidĂ©o mais cette fois des mouvements de la tĂŞte en utilisant les seuils de vitesses verticales et longitudinales.
Le principal problème de ces mĂ©thodes de dĂ©tection est que les seuils de dĂ©tection sont difficiles Ă dĂ©terminer en raison d’une importante variabilitĂ© de vitesse de dĂ©placement contrôlĂ© des individus (variabilitĂ© inter-individuelle). Si ces seuils sont trop bas, ils conduisent Ă dĂ©tecter des chutes alors qu’il n’y en a pas (les faux positifs). Inversement, s’ils sont trop hauts, on risque de passer Ă cotĂ© de chutes non dĂ©tectĂ©es (les faux nĂ©gatifs). Plusieurs Ă©quipes tentent de remĂ©dier Ă ces causes d’erreur (Noury (UniversitĂ© de Grenoble) par un apprentissage supervisé, Depeursinge (CSEM, Lausanne) non-supervisé).
Plusieurs types de capteurs ont été proposés, notamment des accéléromètres et des gyroscopes (rotation), avec une localisation au niveau du buste (Hwang, Noury), du sacrum (Prado,Espagne), de la taille (Matie) ou encore de la tête.
Pour aller plus loin que la simple dĂ©tection, une Ă©quipe japonaise (Fuyaka, Japon) a rĂ©cemment proposĂ© que la dĂ©tection de la phase critique permette le dĂ©clenchement d’un airbag !
Détection du choc au sol
Lors de l’impact, la vitesse s’inverse brutalement. Ce système de dĂ©tection est basĂ© sur le repĂ©rage de l’inversion du sens de l’accĂ©lĂ©ration.
Les capteurs utilisĂ©s sont des accĂ©lĂ©romètres et des capteurs de choc, avec une localisation au niveau de la ceinture (Williams et Doughty, Irlande), du centre de l’équilibre (Lindeman, Allemagne) ou du buste (Bourke, Irlande).
Les principales difficultĂ©s consistent Ă dĂ©terminer la direction de la trajectoire ainsi que la “signature” de l’impact, Ă l’origine de faux positifs.
Position allongée au sol
Ces systèmes de dĂ©tection cherchent Ă repĂ©rer l’horizontalitĂ© du corps, signant la chute.
Plusieurs techniques existent : Certains capteurs rĂ©partis sur le corps dĂ©tectent la position horizontale (“corps mort”), ou la perte du contact entre les pieds et le sol (Tamura, Japon). Toutefois lorsque la personne s’allonge sur un lit ou sur un canapĂ© les capteurs risquent de prendre cela pour une chute (faux positifs).
Une autre mĂ©thode utilise des capteurs dans le sol qui dĂ©tectent le contact du corps avec le sol (« sol actimĂ©trique »).
A noter que certains laboratoires s’intĂ©ressent au bruit de l’impact lors de la chute : ils dĂ©veloppent des capteurs de bruits pouvant isoler le bruit de l’impact et donner l’alerte. Il faut bien sur une excellente spĂ©cificitĂ© de ces techniques pour Ă©viter que l’alerte ne soit donnĂ©e Ă chaque fois que l’on fait tomber un livre ou sa paire de lunette !
Immobilisation prolongée
La dĂ©tection est basĂ©e sur l’absence de mouvement
Les capteurs dĂ©tectant l’immobilitĂ© censĂ©e faire suite Ă la chute peuvent utiliser diffĂ©rentes mĂ©thodes : vibratomètres accĂ©lĂ©romètres (arrĂŞt des mouvements), des capteurs de prĂ©sence infrarouges ou encore des camĂ©ras vidĂ©o.
Les mouvements des segments corporels ont ainsi Ă©tĂ© analysĂ©s par exemple Ă l’aide d’un tĂ©lĂ©phone portable (Tamura, Japon). L’absence de dĂ©placement a aussi Ă©tĂ© analysĂ©e par une camĂ©ra vidĂ©o fixĂ©e au plafond (Mihailidis, UniversitĂ© de Toronto) ou par des capteurs infrarouges de prĂ©sence (Noury, UniversitĂ© de Grenoble).
Si le temps d’immobilisation entre deux mouvements considĂ©rĂ© comme critique par l’appareil avant le dĂ©clenchement d’une alerte est trop court, on obtient des faux positifs. Au contraire, si ce temps de latence est trop Ă©levé, on aboutit Ă des retards d’intervention.
La vidĂ©o pose de nombreuses difficultĂ©s techniques en termes de contrôle du champ de vision, de luminositĂ© ambiante ou de vision dans l’espace. Cette mĂ©thode pose Ă©galement des problèmes Ă©thiques du fait de l’intrusivitĂ© qu’elle impose.
Il a Ă©tĂ© proposĂ©e l’intĂ©gration des algorithmes de prise de dĂ©cision directement au niveau de la camĂ©ra afin d’éviter le transfert d’image vers l’extĂ©rieur du domicile.
Analyse de scénarios
La dĂ©tection est basĂ©e sur une combinaison de paramètres caractĂ©ristiques d’une situation critique
DiffĂ©rents capteurs enregistrent des informations liĂ©es aux conditions d’environnement contemporaines de la chute et de ses suites immĂ©diates, informations qui sont ensuite Ă©valuĂ©es par analyse algorithmique.
Des dispositifs ont Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©s Ă partir du croisement d’informations actimĂ©triques enregistrĂ©es par des capteurs infrarouges, des micros ou encore des camĂ©ras vidĂ©o Ă©quipant le domicile.
D’autres dispositifs, particulièrement prometteurs, sont basĂ©s sur l’analyse algorithmique du croisement d’informations issues d’accĂ©lĂ©romètres dĂ©tectant la chute et de dĂ©tecteurs infrarouges dĂ©tectant l’immobilisation prolongĂ©e (Noury, UniversitĂ© de Grenoble).