Depuis le premier Janvier de cette année, personnes de plus de 65 ans ont fait une chute en Europe, avec parfois de graves conséquences
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LES DIFFERENTS MODES DE DETECTION DES CHUTES :LES AXES DE RECHERCHE*
(*source : N. Noury, Laboratoire TIMC-IMAG Université Grenoble I)
A (vitesse d’inclinaison Ă©levĂ©e)
B (impact, chute)
C (après la chute)
Analyse de scénarios (accéléromètres, vidéo, sons...)
Immobilisation prolongées (vidéo, accéléromètres)
Position allongée au sol (accéléromètres, capteurs de sol)
Choc au sol (accéléromètres)
Vitesse verticale (accéléromètres, gyromères)
Détection des modifications des vitesses de déplacement verticale
Ce système de dĂ©tection est basĂ© sur le repĂ©rage de l’accĂ©lĂ©ration rapide de la vitesse verticale qui survient lors de la chute.
En augmentant linĂ©airement avec le temps, la vitesse verticale, qui correspondant Ă une accĂ©lĂ©ration constante de la gravitation, va dĂ©passer le seuil de vitesse du mouvement contrôlĂ© lors de la chute.
L’équipe de Wu de l’UniversitĂ© du Vermont aux USA, a montrĂ© par l’analyse vidĂ©o de patients chutant que les vitesses verticale et horizontale Ă©taient dissimilaires pendant les mouvements contrôlĂ©s mais devenaient quasi-similaires pendant la chute : un bon moyen de la caractĂ©riser par les modifications de ces vitesses. Nait-Charif et Rougier ont eux aussi Ă©tudiĂ© la chute par l’analyse vidĂ©o mais cette fois des mouvements de la tĂŞte en utilisant les seuils de vitesses verticales et longitudinales.
Le principal problème de ces mĂ©thodes de dĂ©tection est que les seuils de dĂ©tection sont difficiles Ă dĂ©terminer en raison d’une importante variabilitĂ© de vitesse de dĂ©placement contrôlĂ© des individus (variabilitĂ© inter-individuelle). Si ces seuils sont trop bas, ils conduisent Ă dĂ©tecter des chutes alors qu’il n’y en a pas (les faux positifs). Inversement, s’ils sont trop hauts, on risque de passer Ă cotĂ© de chutes non dĂ©tectĂ©es (les faux nĂ©gatifs). Plusieurs Ă©quipes tentent de remĂ©dier Ă ces causes d’erreur (Noury (UniversitĂ© de Grenoble) par un apprentissage supervisé, Depeursinge (CSEM, Lausanne) non-supervisé).
Plusieurs types de capteurs ont été proposés, notamment des accéléromètres et des gyroscopes (rotation), avec une localisation au niveau du buste (Hwang, Noury), du sacrum (Prado,Espagne), de la taille (Matie) ou encore de la tête.
Pour aller plus loin que la simple dĂ©tection, une Ă©quipe japonaise (Fuyaka, Japon) a rĂ©cemment proposĂ© que la dĂ©tection de la phase critique permette le dĂ©clenchement d’un airbag !
Détection du choc au sol
Lors de l’impact, la vitesse s’inverse brutalement. Ce système de dĂ©tection est basĂ© sur le repĂ©rage de l’inversion du sens de l’accĂ©lĂ©ration.
Les capteurs utilisĂ©s sont des accĂ©lĂ©romètres et des capteurs de choc, avec une localisation au niveau de la ceinture (Williams et Doughty, Irlande), du centre de l’équilibre (Lindeman, Allemagne) ou du buste (Bourke, Irlande).
Les principales difficultĂ©s consistent Ă dĂ©terminer la direction de la trajectoire ainsi que la “signature” de l’impact, Ă l’origine de faux positifs.
Position allongée au sol
Ces systèmes de dĂ©tection cherchent Ă repĂ©rer l’horizontalitĂ© du corps, signant la chute.
Plusieurs techniques existent : Certains capteurs rĂ©partis sur le corps dĂ©tectent la position horizontale (“corps mort”), ou la perte du contact entre les pieds et le sol (Tamura, Japon). Toutefois lorsque la personne s’allonge sur un lit ou sur un canapĂ© les capteurs risquent de prendre cela pour une chute (faux positifs).
Une autre mĂ©thode utilise des capteurs dans le sol qui dĂ©tectent le contact du corps avec le sol (« sol actimĂ©trique »).
A noter que certains laboratoires s’intĂ©ressent au bruit de l’impact lors de la chute : ils dĂ©veloppent des capteurs de bruits pouvant isoler le bruit de l’impact et donner l’alerte. Il faut bien sur une excellente spĂ©cificitĂ© de ces techniques pour Ă©viter que l’alerte ne soit donnĂ©e Ă chaque fois que l’on fait tomber un livre ou sa paire de lunette !
Immobilisation prolongée
La dĂ©tection est basĂ©e sur l’absence de mouvement
Les capteurs dĂ©tectant l’immobilitĂ© censĂ©e faire suite Ă la chute peuvent utiliser diffĂ©rentes mĂ©thodes : vibratomètres accĂ©lĂ©romètres (arrĂŞt des mouvements), des capteurs de prĂ©sence infrarouges ou encore des camĂ©ras vidĂ©o.
Les mouvements des segments corporels ont ainsi Ă©tĂ© analysĂ©s par exemple Ă l’aide d’un tĂ©lĂ©phone portable (Tamura, Japon). L’absence de dĂ©placement a aussi Ă©tĂ© analysĂ©e par une camĂ©ra vidĂ©o fixĂ©e au plafond (Mihailidis, UniversitĂ© de Toronto) ou par des capteurs infrarouges de prĂ©sence (Noury, UniversitĂ© de Grenoble).
Si le temps d’immobilisation entre deux mouvements considĂ©rĂ© comme critique par l’appareil avant le dĂ©clenchement d’une alerte est trop court, on obtient des faux positifs. Au contraire, si ce temps de latence est trop Ă©levé, on aboutit Ă des retards d’intervention.
La vidĂ©o pose de nombreuses difficultĂ©s techniques en termes de contrôle du champ de vision, de luminositĂ© ambiante ou de vision dans l’espace. Cette mĂ©thode pose Ă©galement des problèmes Ă©thiques du fait de l’intrusivitĂ© qu’elle impose.
Il a Ă©tĂ© proposĂ©e l’intĂ©gration des algorithmes de prise de dĂ©cision directement au niveau de la camĂ©ra afin d’éviter le transfert d’image vers l’extĂ©rieur du domicile.
Analyse de scénarios
La dĂ©tection est basĂ©e sur une combinaison de paramètres caractĂ©ristiques d’une situation critique
DiffĂ©rents capteurs enregistrent des informations liĂ©es aux conditions d’environnement contemporaines de la chute et de ses suites immĂ©diates, informations qui sont ensuite Ă©valuĂ©es par analyse algorithmique.
Des dispositifs ont Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©s Ă partir du croisement d’informations actimĂ©triques enregistrĂ©es par des capteurs infrarouges, des micros ou encore des camĂ©ras vidĂ©o Ă©quipant le domicile.
D’autres dispositifs, particulièrement prometteurs, sont basĂ©s sur l’analyse algorithmique du croisement d’informations issues d’accĂ©lĂ©romètres dĂ©tectant la chute et de dĂ©tecteurs infrarouges dĂ©tectant l’immobilisation prolongĂ©e (Noury, UniversitĂ© de Grenoble).