Depuis le premier Janvier de cette année, personnes de plus de 65 ans ont fait une chute en Europe, avec parfois de graves conséquences
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La chute n'est souvent qu'un accident anodin et sans conséquence qui peut arriver à tout le monde. Quel que soit l'âge, il arrive malheureusement que cette chute ait des conséquences immédiates plus ou moins traumatisantes.En vieillissant, on s'expose également à des conséquences secondaires pouvant être graves, à des conséquences psychologiques et sociales.
- Les conséquences immédiates
- Les conséquences secondaires
- Les conséquences psychomotrices
- Les conséquences sociales.
Tomber arrive à tout âge mais la gravité de la chute augmente avec l'âge et la réduction de la mobilité. Il est donc plus fréquent d'avoir des complications à ses chutes en vieillissant, ce d'autant qu'on est plus fragile.
Les conséquences immédiates vont de la contusion ou hématome (' le bleu '), à des traumatismes plus sévères (luxation, fracture).
Parfois, la seule conséquence est une douleur. Il ne faut pas la négliger car elle peut retentir sur l'autonomie, mais surtout, il faut s'assurer, si elle persiste, qu'elle n'est pas la traduction d'une fracture ou fissure passée inaperçue.
La peau étant plus fragile et moins élastique en vieillissant, une chute peut entraîner des plaies cutanées. Mais elles nécessitent rarement des points de suture (7% des cas d'après une étude.)
La plupart des chutes n'entraînent pas de traumatisme physique sérieux. Six à 8 % seulement des chutes seraient responsables de fractures, dont 1 fois sur 3 de l'extrémité supérieure du fémur.
Pour en savoir plus :
- En France : chaque année, les fractures du fémur et des membres supérieurs des personnes de plus de 75 ans sont à l'origine de 91 000 séjours hospitaliers et 4 séjours sur 5 donnent lieu à une intervention chirurgicale.
- Parmi les complications traumatiques des chutes, les fractures du col fémoral sont les plus fréquentes. En France, Les chutes chez les sujets âgés sont responsables de 50 000 fractures du col fémoral.
- Les traumatismes sont responsables d'une mortalité à court terme qui augmente avec l'âge, pouvant atteindre plus de 10% au delà de 80 ans.
Ainsi, la morbidité des chutes ne peut en aucun cas se résumer à leurs seules conséquences traumatiques.
Les conséquences secondaires sont liées à la fois au maintien au sol prolongé et au fait que la personne ne peut plus bouger.
C'est principalement les personnes âgées et fragiles qui se trouvent dans ces situations, expliquant qu'elles soient une cible majeure de ce type de complications.
- Les escarres :
Le maintien au sol forcé, dans une position désagréable et inconfortable est responsable de points de pression prolongés en un même endroit sans possibilité de changer de position. Cette pression excessive, en écrasant les vaisseaux sanguins va supprimer la circulation sanguine, créant progressivement une hypoxie des tissus, c'est-à-dire un manque d'oxygène. Si cette fermeture se prolonge, les tissus vont commencer à s'abîmer plus ou moins rapidement pour donner des plaies qu'on appelle escarre.
Pour en savoir plus :
- Les complications thromboemboliques :
La phlébite est définie comme la formation d'un caillot de sang dans une veine qu'elle va obstruer, empêchant le flux sanguin normal. Les phlébites sont favorisées par l'immobilisation car cela entraîne la stagnation du sang dans les veines, ce qui favorise l'apparition du caillot. La phlébite des membres inférieurs est une maladie grave car elle risque une complication aiguë : l'embolie pulmonaire, c'est-à-dire la migration d'un des caillots dans les veines pulmonaires.
La phlébite des membres inférieurs est une pathologie fréquente (250 000 cas par an environ en France) et est responsable de 10 000 décès/an (environ) par embolie pulmonaire.
- Les complications infectieuses
- Le syndrome de rhabdomyolyse :
L'écrasement musculaire prolongé va entrainer une destruction des cellules musculaires le contenu est libéré dans la circulation sanguine. Une rhabdomyolyse massive peut mettre en jeu le pronostic vital par l'apparition d'une hyperkaliémie brutale qui peut retentir sur le rythme cardiaque puis d'une insuffisance rénale aiguë.
- Déshydratation et dénutrition
- Hypothermie :
Une hypothermie correspond à une baisse de la température corporelle en dessous de 35°C.
Cette baisse de température va se faire très progressivement en cas d'immobilisation au sol en cas exposition prolongée au froid (carrelage de salle de bain, chute sur le palier non chauffé...). En cas de tableau sévère, la personne peut présenter une somnolence ou une confusion.
- Absence de suivi thérapeutique :
La personne allongée au sol n'a souvent pas accès à son traitement habituel et si le délai se prolonge trop, elle peut rater la prise de plusieurs de ses médicaments. En cas de traitement nécessitant des prises régulières, cela peut avoir de graves conséquences : anticoagulants, traitement du diabète, antiarythmiques...
- Une mortalité importante
Bien que plus des 2/3 des personnes âgées qui ont chuté n'ont pas eu de blessures graves, elles ne sont pas pour autant à l'abri de conséquences psychologiques pouvant avoir un grand retentissement psychomoteur. L'anxiété à la marche et la peur de tomber peut entraîner une réduction des sorties par crainte de nouvelles chutes. Cette perte des habitudes motrices est néfastes et peut aboutir à une sidération des automatismes acquis, entraînant une perte des réactions d'adaptation posturale, avec difficulté à se maintenir en orthostatisme : c'est le syndrome post chute. Il associe une composante motrice et une composante psychologique. C'est une urgence gériatrique qui nécessite une prise en charge rapide par une équipe spécialisée afin d'éviter un engrenage fatal vers la perte totale des capacités de marche.
Les chutes peuvent avoir d'importantes conséquences sociales: que ce soit par peur de marcher ou parce qu'il persiste des séquelles fonctionnelles de la chute, la personne âgée voit souvent son autonomie réduite dans les suites de la chute, ce qui peut entraîner une limitation des contacts sociaux. Elle devient dépendante d'une tierce personne ou ne peut plus sortir de chez elle.
Les conséquences peuvent être une majoration de l'isolement, qui comme on le sait un facteur de risque de chute. On entre donc dans une spirale dangereuse pour la personne âgée.
Dans certains cas, Les chutes sont parfois le signe que le maintien à domicile est difficile : leur fréquence est telle qu'elle entrave les possibilités de maintien à domicile : c'est souvent ce qui décide la personne où sa famille à une entrée en institution.Pour en savoir plus:
- une chute sans blessure retentit surtout sur les activités sociales alors qu'une chute avec blessure retentit sur les activités physiques (Tinetti 98).
- Dans les 8 semaines après une chute, apparaît une restriction des activités habituelles (Grisso 92).
- La 1ère chute et les suivantes entraînent des difficultés aux activités de la vie quotidienne (Kiel 91) : Le chuteur réduit ses activités (Vellas 87).
- Le risque d'entrée en institution est multiplié par 3 suite à une blessure au cours d'une chute ( Wilkins 99) ; une 1ère chute et les suivantes augmente le risque d'hospitalisation et d'entrée en institution (Kiel 1991).