Depuis le premier Janvier de cette année, personnes de plus de 65 ans ont fait une chute en Europe , avec parfois de graves conséquences
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Le vieillissement de notre organisme entraîne de nombreuses modifications corporelles : modification de la masse musculaire, vieillissement des articulations et tassements vertébraux.
A cela s'ajoute une atteinte sensorielle: baisse de la vue et de l'audition, alors que ces deux sens jouent un rôle important dans l'équilibre. Les déplacements ne sont plus aussi simples que lorsque l'on est plus jeune, la fatigue est plus importante et les risques de chute sont accrus.
Plusieurs de nos sens nous sont utiles pour avoir un bon équilibre :- Les oreilles, bien sur, et surtout l'oreille interne qui gère l'équilibre. En vieillissant, les cellules de l'oreille disparaissent, cela s'accompagne de la presbyacousie, c'est-à-dire la baisse de l'audition, mais également une perte de la sensibilité vestibulaire.
- La vue qui peut nous fournir des repères dans l'espace. Chez le sujet âgé, il y a une diminution de l'acuité visuelle et de la sensibilité aux contrastes, un rétrécissement du champ visuel. Il faut donc être plus vigilant lors de ses déplacements, surtout lorsque l'on est dans un lieu inconnu. Un bon éclairage permet également de compenser ces déficits.
- Le toucher, ou plutôt la proprioception : des milliers de capteurs se trouvent dans nos muscles et notre peau, ils renseignent notre cerveau sur la position de notre corps dans l'espace et lui indiquent comment il bouge. Il y a, avec le vieillissement, une diminution de cette sensibilité proprioceptive rendant les indications que reçoit notre cerveau, moins distinctes, les gestes qui en découlent sont donc moins précis.
Chez le sujet âgé, le traitement de l'information se fait plus lentement ce qui oblige les centres à négliger certaines de ces informations, notamment vestibulaires, au profit d'informations visuelles. Il en résulte une plus grande instabilité posturale et une majoration des troubles de l'équilibre.
- Les muscles au fil des ans, comme les autres organes du corps, vont se modifier : les fibres musculaires vont diminuer en nombre et en volume. La sarcopénie est le terme médical qui décrit cette fonte musculaire. Elle peut atteindre 20 à 40% de la masse musculaire. Le tissu musculaire va être remplacé par du tissu graisseux entraînant une augmentation de la masse grasse. Cette sarcopénie est responsable d'une diminution de la force musculaire et donc de l'activité physique. Cette diminution des masses musculaires prédomine sur les muscles pelviens et ceux des membres inférieurs. Cela favorise une mauvaise stabilisation des articulations, notamment celles du genou ou celles entre chaque vertèbre.
- Atteintes du squelette et des articulations: Là aussi, le vieillissement va entraîner une fragilité des tissus osseux et articulaires :
Tout au long de la vie, notre tissu osseux est dégradé et synthétisé par un système équilibré et dynamique. Ce remodelage perpétuel permet au tissu osseux de conserver ses propriétés biomécaniques. Par un processus normal du vieillissement, les capacités de prolifération de l'os vont diminuer : les quantités d'os formé deviennent alors moins importantes que celles d'os résorbé entraînant une perte de tissu osseux et une fragilisation des os. Ce système prend encore plus d'ampleur par les dérèglements hormonaux résultants de la ménopause : la réduction de la densité osseuse est majeure, c'est ce qu'on appelle l'ostéoporose. En France, elle touche environ 30 à 40 % des femmes ménopausées et plus de la moitié de celles de plus de 75 ans. Les principales conséquences sont les fractures osseuses et les tassements vertébraux réduisant l'autonomie motrice.
De la même façon, avec le vieillissement va apparaître une altération du cartilage articulaire : c'est ce qu'on appelle l'arthrose. C'est une source de douleurs mais également de raideurs articulaires, ce qui peut être gênant pour les articulations des genoux ou des hanches.
Le cerveau est le centre de contrôle de l'organisme. il reçoit les signaux des sens qui le renseignent sur l'environnement, analyse l'information puis envoie des messages aux différents muscles par un réseau de nerfs qui composent le système nerveux.
Avec le vieillissement, le temps de réaction après l'arrivée d'une nouvelle information est augmentée. De la même façon, il existe une augmentation des temps de conduction des nerfs périphériques qui permettent d'apporter au cerveau des information sur la sensibilité proprioceptive.
Tous nos organes ne vieillissent pas de la même façon, ils sont sensibles aux contraintes plus ou moins importantes subies au cours de la vie. Les tissus cardiaque et pulmonaires vont se modifier par les effets du vieillissement.
L'appareil respiratoire permet d'emmagasiner l'oxygène à transmettre à nos organes grâce à nos globules rouges. Avec le temps et la perte en élasticité des tissus, les capacités de compliance pulmonaire et thoracique se réduisent ainsi que le volume des muscles respiratoires : il en résulte une réduction de la capacité ventilatoire. De la même façon, la réduction du calibre des bronches va entraîner une réduction des débits expiratoires. Cette diminution des réserves fonctionnelles induit une réduction de la capacité de l'organisme à s'adapter aux situations d'effort.
Les effets du vieillissement sur le système cardiovasculaire sont responsables d'un ralentissement du débit et de la fréquence cardiaque pendant l'effort par un épaississement de la paroi ventriculaire. Le tissu musculaire cardiaque, en vieillissant devient également plus sensible à des troubles du rythme cardiaque. Enfin, l'élasticité des artères va diminuer, et le système de régulation de la tension va s'avérer moins efficaces chez le sujet âgé (Hypertension artérielle, Hypotension orthostatique).
L'incontinence urinaire est une fuite involontaire d'urine. Elle peut survenir aussi bien le jour que la nuit. C'est un problème très fréquent puisqu'il touche de14 à 18% des plus de 75 ans au domicile et jusqu'à 40% des plus de 75 ans vivant en institution. Le risque est deux fois plus élevé pour les femmes que pour les hommes.
La fréquence de ces troubles explique que l'incontinence soit un facteur risque de chute : les envies pressentes et répétées vont être l'occasion de déplacements précipités pouvant être dangereux.
Pour en savoir plus :
Plusieurs maladies peuvent entrainer une incontinence : un traumatisme sur la vessie, une maladie neurologique comme la sclérose en plaque par exemple. Mais le vieillissement musculaire va être responsable d'une défaillance des moyens de suspension de la vessie pouvant entrainer une incontinence urinaire d'effort : il s'agit d'une incontinence passive par diminution des résistances de l'urètre. La fuite d'urine survient lorsqu'une pression abdominale s'exerce lors d'une toux, d'un éternuement, d'un rire…
Une autre forme d'incontinence fréquente chez la femme âgée est l'incontinence par miction impérieuse due à une hyper-réflexie des muscles de la paroi vésicale. Leurs contractions anormales survenant de façon involontaire entraînent une envie pressante d'uriner.
Chez l'homme âgé, les problèmes d'incontinence sont le plus souvent liés à un problème de prostate : elle va entrainer un blocage de l'urètre, la vessie va alors se distendre puis, quand la pression dépassera la résistance sphinctérienne, déclencher une fuite par trop plein, c'est l'incontinence par regorgement. Il n'est pas rare qu'après une intervention sur la prostate, il persiste également une incontinence plus ou moins temporaire.
Le chaussage
- Mauvais chaussage : Les pieds sont le premier outil de l'autonomie, puisqu'ils permettent de se déplacer. Il est d'autant plus important d'en tenir compte que l'équilibre ou la motricité sont fragiles. Un mauvais chaussage, voire les pieds nus, favorisent les chutes. Le choix des chaussures est très important: Il est capital que celles-ci permettent aux orteils d'être à l'aise tout en maintenant le pied et la cheville.
Plusieurs études indiquent que le risque de chute varie de manière significative selon le type de chaussures porté par la personne âgée. L'équipe de Koepsell a montré dans une étude en 2004 que, si les chaussures de sport étaient associées à un faible risque de chutes chez le sujet âgé, ce risque était très majoré en cas de marche pieds nus.
Habits trop longs
- Mauvais éclairage
- Sol glissants
- Obstacles au sol
- L'isolement
Plusieurs maladies peuvent être des facteurs favorisants des chutes. Certaines de ces maladies ou syndromes ont malheureusement leur fréquence augmentée avec l'âge et peuvent s'associer entre elle à tel point qu'elles ont longtemps été confondus avec l'expression du vieillissement. C'est le cas de :
- maladies neuropsychiatriques: démence, dépression, maladie de Parkinson ou autres
- maladies oculaires (cataracte, glaucome, dégénérescence de la rétine...),
- maladies osteo-articulaires...
En France, les personnes âgées sont de grands consommateurs de médicaments.La caisse d'assurance maladie donne les chiffres suivants :
- les plus de 75 ans ont une consommation de soins et de médicaments trois fois plus importante que la population générale.
- les prescriptions médicamenteuses des plus de 65 ans représentent le tiers de toutes les prescriptions alors que cette population ne représente qu'environ 15% de la population française.
- en 2001, près du quart des ordonnances de médicaments remboursées l'ont été pour des personnes âgées de 70 ans et plus (qui représentent un peu plus de 10% de la population totale).
- seulement 11% des Français âgés de plus de 65 ans ne prennent aucun médicament de façon régulière.
La consommation moyenne de ce groupe est de 4 à 5 médicaments par jour, mais les ordonnances contiennent parfois plus d'une dizaine de molécules. Cette polymédication peut avoir de nombreuses conséquences, notamment des chutes : on les appelle les chutes iatrogénes. En grec iatros signifie médecin, gène signifie qui a pour origine: la chute iatrogène est donc une chute provoquée par le médecin!
Les chutes iatrogènes proviennent de mécanismes divers en rapport avec l'administration de nombreux médicaments. Il est donc important de ne pas prendre de médicaments sans en parler à son médecin. Il ne faut pas hésiter non plus à lui rapporter les effets indésirables que l'on peut ressentir à la prise d'un nouveau traitement.
Pour en savoir plus :
Les médicaments les plus à risque appartiennent à différents groupes :En premier lieu la classe des psychotropes (benzodiazépines, somnifères et antidépresseurs) hypotension artérielle (globale ou orthostatique), troubles de la vigilance, anémie, hypoglycémie
- L'hypotension artérielle : les médicaments principalement responsables sont bien entendu les anti-hypertenseurs, les dérivés nitrés mais aussi les antidépresseurs, les neuroleptiques et les antalgiques opioïdes,
- Les hypoglycémies : survenant sous insuline ou sulfamides hypoglycémiants elles sont volontiers atypiques et graves,
- Les troubles du rythme et/ou de conduction cardiaque : souvent graves, ils sont en rapport avec un trouble électrolytique (dyskaliémie, dyscalcémie) ou avec la prescription (isolée ou en association) de digitaliques, bêta-bloquants, anti-arythmiques, inhibiteurs des canaux calciques non dihydropyridiniques, lithium, théophylline,
- Les accidents hémorragiques
Une chute peut-être un événement brutal et fortuit lié à un facteur intercurrent, mais peut aussi être le symptôme d'une maladie (voir le chapitre causes des chutes). Dans les deux cas, la répétition des chutes signifie que la cause (facteur extrinsèque ou maladie causale) est toujours présente.
Un antécédent de chute dans l'année est donc l'un des principaux facteurs de risque de chute. Il est souvent associé à un niveau d'autonomie plus précaire.Savoir repérer une augmentation des chutes est donc intéressant car c'est un bon signal d'alerte: cela permet de prendre des mesures précoces: consultation de spécialiste ou mise en place de mesures de prévention à la maison (voir le chapitre prévention des chutes)