Depuis le premier Janvier de cette année, personnes de plus de 65 ans ont fait une chute en Europe, avec parfois de graves conséquences
Pour les personnes âgées vivant seules à leur domicile, le délai de détection de la chute et de déclenchement des secours est un élément pronostique essentiel du devenir du chuteur. Les systèmes d’alarme en temps réel ont apporté une amélioration indiscutable à la sécurité des personnes mais restent perfectibles. Par exemple, ceux portés autour du coup nécessitent une participation active du chuteur qui n’est pas toujours possible. Les accéléromètres couplés à un système d’alarme constituent de bons outils pour détecter la chute de façon automatique, mais sont insuffisants s’ils sont utilisés seuls du fait d’un risque de non détection ou de fausses alertes. D’autres types d’information doivent donc être croisés pour améliorer la fiabilité de détection des chutes. En apportant des informations sur l’état de santé de la personne, la détection d’anomalies physiologiques (pouls, température, etc.) peut déjà compléter utilement ces systèmes de détection. Mais de récents travaux montrent que le système idéal doit faire intervenir une approche plus globale des personnes à risque pour améliorer les choses.
En amont, il peut s’agir de repérer les périodes à risque de chute en identifiant des facteurs précurseurs, comme une réduction des facultés physiques ou un changement dans les habitudes de vie.
Au moment de la chute, il s’agira plutôt de détecter à distance et de prendre en compte l’état psychologique de la personne. Un niveau de stress élevé, identifié par des constantes physiologiques anormales, sera alors associé à une plus forte présomption de chute.
La prise en compte des facteurs psychologiques aura ensuite tout intérêt à être poursuivie au-delà de la chute. Etre à l’écoute du chuteur, l’inciter à verbaliser et à exprimer les émotions liées à la chute seront aussi essentiels pour aider la personne à s’approprier l’événement de la chute, à lui donner un sens et à évacuer la peur de tomber. Car celle-ci est en elle-même un facteur de risque de chute et, avec le temps, de perte d’autonomie.