Depuis le premier Janvier de cette année, personnes de plus de 65 ans ont fait une chute en Europe, avec parfois de graves conséquences
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Publié le 11 juillet 2011
La surconsommation de somnifères ou d’anxiolytiques par les personnes âgées est une caractéristique française. Une expérience de sevrage menée dans les Ardennes a montré qu’il était possible de convaincre les patients qui n’en avaient pas vraiment utilité de s’en passer.
L'usage chronique des benzodiazépines (ou BZD) est largement répandu en France, notamment chez des sujets âgés, du fait de leur grande efficacité dans l’anxiété et les troubles du sommeil.
Cette surconsommation instaure une dépendance et est à l’origine d’effets secondaires connus au premier rang desquels les vertiges, les troubles de la mémoire, la fatigue, les cauchemars et bien sûr un risque plus élevé d’accidents ou de chutes. Les médecins sont bien conscients que leurs prescriptions ne sont pas toujours justifiées, mais ont souvent du mal à persuader leurs patients qu’ils sont capables de se passer d’un produit qu’ils prennent depuis des années.
Une expérience d’incitation au sevrage soutenue par des mutuelles
Une étude longitudinale, réalisée en 2008 à l’initiative de Groupama et de la Mutualité sociale agricole a proposé un sevrage à des patients ardennais qui ne justifiaient plus la poursuite d’un traitement par benzodiazépines, mais qui en étaient devenus dépendants.
102 patients volontaires, dont deux tiers de femmes, ont été inclus dans l’étude par leur médecin généraliste. L’âge moyen à l’inclusion était de 74,4 ans et près d’un tiers des patients avaient plus de 80 ans. La durée moyenne de prise des produits était de 14,4 ans. La consommation moyenne était établie en équivalent diazépam, une benzodiazépine à demi-vie longue fréquemment utilisée comme intermédiaire dans le cadre d’un sevrage lent.
Des patients qui « décrochent »
Quatre possibilité de sevrage était proposée aux patients, accompagnées d’une information adaptée et standardisée : l’arrêt, une diminution progressive des doses, une substitution par le diazépam, un panachage de diminution et de substitution.
Au final, plus de la moitié des patients ont pu être sevrés et la quantité globale de benzodiazépines consommées a chuté de 60%. Un peu de dialogue et de communication ont donc suffi à convaincre de l’inutilité de ces produits. Quant aux médecins, ils reconnaissent que l’expérience a modifié durablement leur pratique et ne débutent plus de nouveaux traitements à moins de circonstances médicales ou psychologiques particulières. Une expérience que l’on aimerait voir se généraliser, mais qui nécessite de prendre du temps.
| Les vraies indications des benzodiazépines (BZD) et médicaments apparentés Selon la HAS, il existe un mésusage de ces médicaments, avec une surprescription hors indications et des durées de traitement bien trop longues. En cas de troubles du sommeil Les BZD doivent être réservées aux troubles sévères dans les insomnies occasionnelles ou transitoires et la durée maximale de prescription ne doit pas dépasser 4 semaines. En cas d’anxiété Le traitement doit être réservé aux manifestations sévères et/ou invalidantes et ne doit pas être poursuivi plus de 12 semaines incluant la période d’arrêt. Dans le cadre de la prévention et du traitement du delirium tremens, le traitement est mis en place pour 8 à 10 jours. |
Le saviez-vous ?
2,9 millions de personnes âgées consomment des somnifères ou des anxiolytiques. La prise de ces médicaments augmente le risque de chute et d’accidents de la vie domestique.
Conflit d’intérêts :
L’auteur n’a pas transmis de conflit d’intérêts concernant les données diffusées dans cette article ou publiées dans la référence citée